Temps d'été



La Galerie DECORDE fait son grand retour avec l’exposition « TEMPS D’ÉTÉ ».

Exposition du 17 Juin au 1 septembre

Du mardi au dimanche de 14 h à 19 h.

5 Rue de Molsheim,

Place Hans Arp

67000 STRASBOURG

Pour fêter la fin du confinement et en parallèle l’arrivée du beau temps. Nous sommes fiers de vous présenter une toute nouvelle exposition avec nos artistes favoris. Venez découvrir les œuvres des artistes :


Cécile DUCHENE


Cécile, après avoir longtemps œuvré à Strasbourg, travaille dans son atelier en région parisienne.

Son œuvre très aboutie et très caractéristique s'élabore sur papier, sur toile, par collages, au crayon, à l'acrylique, à l'huile...

Sa patte se définirait par un graphisme élégant, précis, mis en couleurs et en valeur dans une palette chromatique judicieuse. Les sujets de prédilection de Cécile sont le portrait anonyme et la représentation botanique plus rarement animalière ; et cela dans une mise en scène assez énigmatique.


Cécile nous ouvre sur des horizons dont elle ne nous donne que quelques clés et nous laisse librement faire notre propre chemin. Observons bien et prenons un peu de temps et constatons qu'après une première appréciation dont l'esthétique prédomine, une interrogation plus profonde nous interpelle. Sous l'image d'une représentation d'une œuvre très féminisée, Cécile fait sens par sa plongée dans l'onirisme de l'ambivalence, du masque, de la gémellité, de la sociabilité. Des thèmes très difficiles à représenter.

Cécile nous donne une œuvre profonde personnelle dont on peut aussi ne voir que la fulgurance de sa simple beauté.



Francis BARAT


Francis BARAT a exposé en solo show à ST’ART avec notre galerie il y a deux ans.


C’est un artiste en pleine maturité totalement maître de son art.… la néo abstraction géométrique. Francis est un perfectionniste dans sa technique et son inspiration. Il s’imbibe des œuvres des artistes de géométrie abstraite des années 30 Bauhaus, Delaunay jusqu’à Vasarely pour créer une œuvre toute personnelle.


La puissance créatrice du peintre trouve ses sources dans le mouvement néo-plastique dont les pères fondateurs sont Piet Mondrian et le mouvement Bauhaus. Le langage des lignes, des formes et des couleurs est pour le peintre une source infinie de sens et d’énergie positive, une véritable alchimie et synthèse entre le toucher, le regard, le corps et l’esprit. Du bout de ses pinceaux, il entreprend une narration abstractive et crée de véritables paysages intérieurs. Là où la figuration a ses limites, l’abstraction ouvre les portes de l’émotion et des sentiments.


Roger DALE


Le regard de Roger Dale est d'une rectitude absolue. Il fixe, avec la concentration physique et philosophique du tireur à l'arc zen, le réel. Il ne fixe que cela - qui est tout. La main de Roger Dale ne tremble pas, ne dévie pas, ne trahit pas : elle obéit. Avec une science remarquable, elle se soumet en se conformant à la sensation que l'œil enregistre et transmet au cerveau. Et voilà que ce point - et seulement lui, car tout ce qui est autour reste flou - cette portion de l'espace, déterminée avec précision, apparaît là, sur la toile. Un verre, une bouteille, le visage du peintre ou celui d'un ami (qu'importe le sujet, seule compte la peinture !) Sans la moindre concession ou indécision, la portion de réel captée n'est pas une reconstitution, ni un document photographique, ni de l'hyperréalisme, ni de l'expressionnisme, ni de l'idéalisme, ni du surréalisme, ni de l'académisme, ni du romantisme.


La peinture de Roger Dale est celle d'un moraliste. Dans notre monde où règne le factice, la dérision et le doute, c'est quelque chose de nouveau et de très fort."


Camille CLAUS Critique d'art "Les dernières nouvelles d'Alsace" et professeur aux Arts décoratifs de Strasbourg



Pablo BOUTEILLER



Tous les amateurs de labyrinthes le savent bien : personne n’aime se perdre en eux autant que ceux qui les construisent. Plaisir de l’égarement, plaisir d’avancer, de bifurquer, de retourner sur ses pas, de continuer. Les labyrinthes parlent à l’œil et à la main autant qu’à l’esprit : qui saura sortir de là, et qui, surtout, saura faire le tour de lui-même à mesure qu’il fait le tour de ces allées et de ces contre-allées ?

Pablo Bouteiller nous offre de faire en sa compagnie ce double voyage simultané à travers sa série des Black and white qui se décline comme une recherche de l’égarement. Des labyrinthes, il en est de ronds, qui jouent de la spirale, il en est de sphériques aussi, qui font passer de haut en bas et de bas en haut. On n’en trouvera chez lui que de carrés et de rectangulaires : c’est la ligne qui est à l’honneur, ligne droite, brisée, angulaire ou diagonale, mais toujours domine l’impression ici qu’un plan ordonné régit le sens de la marche et du regard. On pense à la géométrie rêveuse d’un Klee bien sûr, à l’architecture complexe d’une Vieira da Silva aussi, ou encore aux polyptyques savants d’un Sol Lewitt, à toutes ces petites formes assemblées qui insistent, se répètent, se juxtaposent, se redisent à l’infini comme autant de développements logiques d’une cellule originaire.

Rigueur de l’œuvre : voyez comment ces carrés vont par quatre à la fois, des fois par trois il est vrai, ou par cinq exceptionnellement, mais le quatre est le chiffre qui convient à la perfection (pythagoricienne) recherchée par l’imaginaire de Pablo Bouteiller. Quatre fois quatre, le carré au carré donc, est la structure qui s’approche au plus près de cette perfection, et surtout si, à l’intérieur de chacun de ces carrés, quatre carrés plus petits trouvent à s’insérer. On n’est pas loin de la valeur talismanique du carré magique qui sert de clé de lecture aux plus grands architectes de l’image : songez, bien sûr, à celui qui surplombe la Melancholia de Dürer.


A scruter son travail, il apparaît que Pablo Bouteiller est trop fin connaisseur de l’histoire des formes pour l’ignorer, comme il est trop homme à interroger les œuvres pour ne pas poser la question dans la sienne : à quoi sert de répéter, encore et toujours, la même forme jusqu’à saturation ? La ligne, au bout d’un moment, guide moins le regard qu’elle le met en déroute, elle égare plutôt qu’elle indique le chemin à suivre.


Tel carré, par exemple, joue de l’effet convexe/concave : c’en est fini de la belle assurance des lignes qui le composent. Tel autre, encore, joue des emboîtements et de la métamorphose des pleins en vides, un peu comme chez Escher ou Vasarely. Tel autre, enfin, s’amuse des fausses symétries, des débordements, des déséquilibres, pour voir jusqu’où une forme, en se décomposant puis en se recomposant, est capable d’aller. Chaque fois c’est une surprise qui nous saute aux yeux, un imprévu au cœur même du balisage le plus strict en apparence.


Bonheur des labyrinthes. A ceux qui s’y égaraient pourtant le rêve venait, tôt ou tard, de s’en échapper, comme s’il fallait sortir à tout prix d’un espace hostile qui se refermerait sur eux pour les engloutir. Voyez Icare, et le prix qu’il a payé pour s’évader du sien. Voyez Thésée, et le recours in extremis au fil d’Ariane. Nos labyrinthes font peur. Cela n’est pas un hasard si on en trouvait le tracé complexe dans les couloirs d’accès de certaines grottes : il est dessiné, Virgile l’assure, sur la porte de l’antre de la Sibylle de Cumes. Rien de ces frayeurs dans l’univers de Pablo Bouteiller.

Ses labyrinthes à lui sont des appels au regard et non des prisons. Ont-ils même besoin de figurer une entrée et une sortie, mais non, il suffit que le regard s’y promène, bifurque, se plaise à ces encoignures savantes et à ces jeux de miroirs. Avec lui on se promène en confiance, l’ordre n’a rien d’un cauchemar logique, il est toujours du côté de l’exploration pacifiée. Du cheminement. Certains tremblements parfois se font sentir à la surface des toiles, des écarts de lignes se dessinent, des apparitions troublent la disposition optique. Ici une large croix blanche se profile au centre d’une toile, là c’est une ramification feuillue, ailleurs encore le miroitement d’un kaléidoscope facétieux. D’infinis petits vertiges vous prennent devant ces carrés faits en apparence pour assurer une base stable. C’est que Pablo Bouteiller met votre regard à l’épreuve et sa capacité à être surpris. Les vrais constructeurs de labyrinthes n’ont jamais oublié que la vocation première de leur travail était à la fois de permettre l’accès au centre par une sorte de voyage initiatique, et de l’interdire à ceux qui n’étaient pas qualifiés. On sait par exemple que les labyrinthes gravés sur le sol des églises (pensons à celui de la cathédrale de Chartres, à celui de la cathédrale d’Amiens) étaient les substituts du pèlerinage en terre sainte. Nul sentier mystique ici sans doute : mais il reste de ce symbole quelque chose de l’apprentissage, une injonction à la vigilance.


Noir et blanc, noir sur blanc : le travail de Pablo Bouteiller est sans concession, dénué de tout artifice comme de toute velléité de faire joli. En invitant le regard à entrer dans les jeux réglés de ses carrés il nous appelle à la concentration. Telle forme ici se retrouve là, telle modification ici en entraîne une autre là suivant un principe défini dans chaque œuvre. On pourrait apparenter chacune d’elles à la technique de la variation musicale, mais aussi à ce que Barthes, à propos de la rigueur formelle d’un Calvino, nommait la mécanique du charme. Il n’est pas donné à tout le monde de savoir mettre de l’ordre dans l’inépuisable du monde.

Pascal Dethurens (Université de Strasbourg)



Patrick LANG


“À partir de 1989 et pendant une dizaine d’années, son activité artistique est principalement axée sur l’expérimentation de la peinture. Il va garder de cette époque la nécessité de la couleur. Depuis 2003, son travail de sculpture, va redevenir l’activité principale [...]. Le travail en marbre ou en bronze sur les Manchots Empereurs marque un attachement aux formes épurées allant à l’essentiel.” “Il ne cherche pas, dans les confins du monde contemporain, les formes et les matières du nouveau, il ne revendique pas le beau ou le savoir-faire ; il a, pour lui et lui seul, l’expérimentation qu’il fait, comme celle de la vie en prenant le risque de se tromper et de se perdre.”

© 2017 par Galerie Philippe Decorde. 

5 Rue de Molsheim 67000 Strasbourg

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