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GALERIE DECORDE

La Galerie Decorde fondée en 1993 par la famille Decorde, d’abord implantée à la Krutenau puis place d’Austerlitz. La Galerie s'est installée dans ses nouveaux locaux il y a 6 ans place Hans Arp. Celui-ci se veut un nouveau dynamisme dans le champ artistique régional. Depuis son ouverture, cet espace a également accueilli des représentations, concerts, projections, débats et performances.

Exposition - Human 

Pour cette période de printemps 2022 la Galerie DECORDE présente l'exposition « HUMAN ». Pour l'occasion nous présentons le travail de deux artistes.

Le premier Peintre et plasticien, C. LEG travaille depuis plusieurs années maintenant le clair-obscur à la recherche de ce qui demeure en nous le plus impropre à la lumière.

Le second Patrick STRAJNIC qui présente sa dernière série photographique. "Histoires sans morales" : Impétuosité narquoise de narcisses bien narrés, prêts pour la fête suprême avant la fin de l’histoire.

EXPOSITION DU 4 MAI AU 19 JUIN 2022.

Humain, deux façons d’appréhender l’humain pour nos deux artistes, exposé jusqu’à fin juin. C.LEG un peintre qui dans une touche presque photographique représente l’être dans une sorte d’exacerbation des sentiments ou des situations, un peintre qui vibre et vous interpelle. Et dans un registre tout autre, Patrick STRAJNIC un photographe qui contextualise un portrait léché emprunt d’un dandysme salutaire. Une manière de restituer l’humain à notre regard. Nous avons voulu confronter ces deux approches qui à leur manière disent de nous notre humanité.

C.LEG

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Plasticien, diplômé en psychologie clinique et sociale,
c.leg après plusieurs années de travail en collaboration avec le
monde des arts vivants (Danse, Théâtre, CDN de Caen, festival...)
travaille depuis plusieurs années maintenant le clair-obscur à la
recherche de ce qui demeure en nous le plus impropre à la lumière,
ce qui, dissimulé dans nos ventres et nos viscères exprime,
par-delà leurres et abandons, l’entropie qui accompagne l’éternelle
antagonisme d’Eros et de Thanatos.


Cette lutte acharnée que les expressionnistes à leurs façons traduisent
si bien par la déformation et l’informe, est un objet difficile
à aborder pour un peintre de facture réaliste tant l’opposition
reste forte entre réalisme et expressionnisme. Comme si cette
intériorité ne pouvait se dévoiler que masquée, reléguant à la
confidentialité tout un courant pictural impropre à notre contemporanéité.
C’est donc tout naturellement, après un long travail
de peinture informelle, magmatique (comme a pu la nommer A.
Erhenzweig), qui fut exposé en France, en Italie, en Belgique, en
Espagne, au Portugal, au Maroc, au Japon... que c.leg, dans une
approche figurative, poursuit son travail autour de cette question
de la forme et du fond. Question qui, bien que de tout temps au
coeur de la problématique artistique, est aujourd’hui exacerbée
par nos sociétés cliniques et esthétiques, obnubilées par l’apparente
nécessité de présentation, de packaging, du visible au
dépend du sensible.

Patrick STRAJNIC

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Né à Orkelljunga au début des années 70 et tarabusté aux quatre
vents droit à l’alambic, Patrick Strajnic - photographartiste -
promène le beau monde en dandy infrangible à la recherche
d’une esthétique débarrassée d’inutiles convictions.
Une histoire flanquée à l’encre sur ses bras de boucanier, car
grandir entre deux eaux c’est mener dès le début sa barque à
contre-courant avec une rame fendue dans les torrents d’un
mal de siècle hâtif. Un itinéraire de jeunesse sur trois pays qui
l’emporte au grand large d’une déferlante artistique. Le compas
sensible, qu’un second cycle en design graphique berne pour une
terre de fausses promesses créatives, le dirige ensuite pour dixsept
années dans les Bermudes de la publicité. Mais d’un esprit
musqué que le dégoût turlupine, réussir sans aimer ne provoque en
lui que spleen des glorioles de la mercatique des 90’s aux gloryholes
du marketing des années 2000, il décide donc de mettre les
voiles en 2010 pour se consacrer au fatalisme

.
De trempe serbe, ostenter ses faiblesses ouvre alors en lui une
brèche inextinguible. L’inconfort d’assumer ses fétichismes et
d’en dévoiler l’échancrure le gagne à mesure qu’il se perd dans
l’exercice. Les commandes n’affluent pourtant guère, mais il
continue de jouer le JE pour rester de la partie. Une bohème
comme hygiène de vie dont l’émancipation quotidienne s’inscrit à
travers toutes ses photographies, mettant en exergue une nette
affirmation de l’être et de tout son verbe.

En résulte une violence sourde de personnages aphones, sombres
et parfois résignés mais dans les yeux desquels vibre une présence
qui ne les place jamais en position de victime. Une recherche de
l’entre-deux, de cet interstice fumeux pile entre éveil et léthargie,
ni sobre ni ivre, de façon à donner à gratter du cil une fêlure ; le
calme aux prémisses de l’ouragan, le tonnerre qui protège une
péninsule, le geste libre qui dit non ou la posture ferme qui signifie
de toutes ses pores un oui grandiloquent. Avec toujours assez de
pudeur pour laisser choir en silence ou parler avec le coeur parmi
les profondeurs. Une conquête doublée d’un abandon.


Une oeuvre décadente qui bourlingue du rococo kitsch au
minimalisme japonisant selon ce que sa pensée sculpte sur le
moment. Des fines bulles remontant à la surface aux parpaings
largués par le fond, Patrick Strajnic dépeint avec un romantisme
de légionnaire les langueurs d’une gente se mouvant vers
l’ambivalence et des révérences fulgurantes aux éros d’un siècle
amendé. Des beautés vénéneuses pour lesquelles le paradis
semble être un enfer, ou l’enfer un paradis. En résulte le portrait
d’une faune bigarrée peinant à vivre au sein d’une nature peinant
à mourir. Et c’est charmant.


Au cours d’une fouille, je demandais tout de même ce qu’il
faudrait que le monde retienne de tout cela. « Mon blase!… vous
pouvez m’épeler ? » répondit-il l’oeil distrait. Mais moi je n’étais
pas là pour ça, je voulais déterrer des cadavres avec un orgueil
magnifique et revenir du cimetière ravi de ses méfaits artistiques.
Un travail de rapinade et de ripaille qu’il espère d’ailleurs
poursuivre au grand jour pour laisser derrière lui une tombe gravée
d’un simple STRAJNIC. Par dignité ou par flegme, mais sans
fierté mal placée, hormis peut-être de ne jamais être devenu un
mônsieur mais un éternel inclassé.


Jolan Thouvenot

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